Dijon, 8 février : après-midi pédagogique avec les volontaires français

Afin de préparer la rencontre du 22 au 24 mars 2013, Bertille (FÖJ-KUR) et Alexandra (BUND Rheinland-Pfalz) se sont rendues à Dijon pour passer un après-midi en compagnie de Mathieu Guiraud (Unis Cité) et de ses volontaires Mediaterre.

Ces jeunes, dans le cadre de leur service civique à Dijon, s´engagent auprès de familles aux revenus modestes du quartier des Grésilles et interviennent chez elles pour les aider à réaliser des économies d´énergie. L´après-midi s´est déroulé dans leurs locaux, locaux qui présentent entre autres, un appartement pédagogique pour les familles ne souhaitant pas être accompagnées à domicile.

Après la visite, c´est au tour de l´équipe d´organisation de se présenter. En plus de Mathieu, Bertille et Alexandra, Stéphane Dupas (Président des Amis de la Terre Côte d´Or) et Ulrike Krink (Maison de Rhénanie-Palatinat et Volontariat Ecologique Franco-Allemand) sont présents pour une première discussion avec les volontaires français du projet.

Miriam (volontaire allemande au Caf&Co à Dijon) et Christiana (volontaire allemande à Latitude 21 à Dijon) nous rejoignent également par la suite.

Nous revoyions tous ensemble le programme du 22 au 24 mars, et les volontaires français se voient confier différentes missions :

–         préparer une visite interactive de la ville de Dijon pour les volontaires allemands

–         organiser une soirée conviviale pour le samedi 23 au soir

–         poser des affiches du projet avec les logos de tous les partenaires dans des endroits stratégiques visibles (bibliothèques et médiathèques, lieux de jeunesse comme les Maisons de la Culture et de la Jeunesse, Maison d´Initiatives Etudiantes, etc.)

L´aspect interculturel du projet, notamment le fait de rencontrer des personnes d´un autre pays, d´une autre langue avec des codes culturels différents est longuement discuté, puis les volontaires travaillent en groupe sur un atelier thématique « Agriculture durable, consommation responsable ». Les 3 groupes travaillent sur «l´entrée », le « plat principal » et le « dessert » issus de menus thématiques.

L´entrée du menu « santé » s´intitule « Pesticides, engrais, antibiotiques, farines animales ». Sur la base de l´article sur les farines animales posté précédemment sur le blog et sur la base de leurs connaissances personnelles, les volontaires discutent de la présence de ces produits dans notre alimentation quotidienne et de leurs conséquences sur notre santé. Il a ainsi été dit que chaque année en Allemagne, 15 000 personnes meurent car elles sont devenues résistantes aux antibiotiques.

Le plat principal du menu « Gastronomique » pose la question suivante : pourquoi être végétarien ? Si ce mode de vie devient de plus en plus courant en Allemagne, les végétariens ont différents discours pour le revendiquer. En lisant le Fleischatlas publié par le BUND, la fondation Heinrich Böll et Le Monde Diplomatique en Allemagne, les volontaires français comprennent qu´en plus de refuser la détention de masse des animaux en batteries d´élevage industriel, certaines personnes font le choix personnel et politique d´arrêter de manger de la viande à cause des quantités d´eau, de surface de terres et de CO2 que nécessite l´élevage d´animaux pour la consommation.

Le dessert du menu « Cuisine du monde » aborde le sujet du revenu des agriculteurs et du système des AMAP. Avec Stéphane des Amis de la Terre Côte d´Or, les volontaires ont pu discuter du partage des bénéfices et des subventions dans la production agricole et de l´effet qu´ont les AMAP pour sécuriser le revenu des agriculteurs.

Dans un deuxième atelier, les volontaires ont pu discuter tous ensemble des différentes sources d´énergies et de leurs effets sur l´environnement : énergies fossiles, renouvelables et non-conventionnelles. Le débat s´intensifie sur les thèmes du nucléaire et des gaz de schiste, ainsi que sur la production d´électricité par la biomasse et la géothermie.

Un quizz  sur l´énergie en France et en Allemagne est ensuite proposé aux volontaires, quizz qu´ils pourront conserver comme support pédagogique et à partir duquel ils pourront, en mars, poser des questions aux spécialistes de l´énergie de BUND Rheinland-Pfalz et des Amis de la Terre de Côte d´Or.

Cet après-midi avec les volontaires français aura permis de faire naître le débat et d´attiser leur curiosité de rencontrer les éco-volontaires allemands et leur envie de leur faire découvrir leur mission pour l´écologie et contre la précarité énergétique.

Article pour la discussion : L´Allemagne, ses végétariens et végétaliens

Article de PARISBERLIN, magazine pour l´Europe, écrit par Marlene Goetz.

Encore disponible sur Connexion Française, le site des expatriés en Allemagne.

Vegano-mania en Allemagne

Phénomène déjà répandu aux États-Unis et en Angleterre, le “véganisme” gagne l’Allemagne. Et lorsque de plus en plus d’Allemands s’orientent vers ce style de vie, l’économie suit: les supermarchés vendent désormais des produits végétaliens, les boutiques et restaurants spécialisés fleurissent.

Nul besoin de posséder d’immenses talents d’observateur pour constater le phénomène dans les villes allemandes : des restaurants et boutiques “végans” ne cessent d’être ouverts, aussi bien dans les quartiers chics qu’alternatifs. Dans le quartier bobo de Kreuzberg, à Berlin, l’ouverture d’un “sex-shop végan” a récemment fait sensation, au point que même la presse française se soit entichée du sujet !

Les “végans”, en bon français, ce sont les végétaliens. Plus intransigeants que les végétariens, ils refusent tous les produits issus des animaux: la viande et le poisson sont bannis des assiettes, mais également les produits laitiers, les œufs, le miel… Pour compenser les carences occasionnées par ce régime strict, les végétaliens modernes regorgent d’imagination et remplacent toutes les protéines animales par des nutriments végétaux. De plus, les vêtements en laine, les chaussures et tous les accessoires en cuir, ainsi que les produits testés sur les animaux sont exclus. En Allemagne, la vie sans produits issus des animaux se popularise; en revanche, dans l’Hexagone, si l’idée commence à faire des émules, devenir végétalien relève encore du défi.

Un mode de vie plus conscient

Le véganisme découle d’une prise de conscience. La raison principale invoquée par ceux qui optent pour ce style de vie radical est l’éthique. Il s’agit non seulement de s’opposer à la souffrance et l’exploitation des animaux, mais aussi d’adopter un comportement responsable face aux problématiques globales de l’environnement, du climat, la surexploitation des ressources et le combat contre la faim dans le monde. L’argument de la santé, également souvent avancé pour promouvoir ce mouvement, reste cependant controversé.

“Avant, les végans étaient souvent considérés comme des gauchistes insatisfaits et râleurs, ils existent toujours, mais leur nombre diminue. Entre-temps, le végétalisme s’est déplacé au centre de la société”, déclare Christian Vagedes, fondateur de la société végane allemande et auteur du livre Veg up. Die Veganisierung der Welt (Sicht Verlag, 2011). Faute de statistiques sérieuses, il est impossible de connaître le nombre exact de végans en Allemagne. Les agences de presse parlent d’environ 600 000.

Le véganisme en plein boom

“C’est un bouleversement, plus qu’une tendance, parce que cela atteint des personnes de toutes les générations. Il y a une prise de conscience dans la société occidentale : il faut arrêter de surexploiter, cela met en danger notre propre survie”, affirme Christian Vagedes. Si beaucoup de végétariens deviennent végétaliens, l’association observe que de nombreuses personnes, après avoir vu un reportage ou entendu un témoignage, se tournent vers le véganisme.

Le phénomène de mode n’est pas passé inaperçu auprès des producteurs et distributeurs, qui entendent tirer profit de cette nouvelle niche. Certains grands distributeurs lancent ainsi des lignes de produits spécialisés. “Il y a des entreprises très conventionnelles qui nous appellent et demandent s’il existe un label pour les produits végétaliens ; nous sommes en train de développer un tel label”, ajoute Christian Vagedes.

Le lancement de la première foire végane, “Veganfach”, en 2011 à Berlin, témoigne aussi de ce succès. Cette année, elle aura lieu en novembre, à Essen. Par ailleurs, différents projets de recherche – le projet “Pro Lupin” du fameux Fraunhofer Institut, basé à Munich, ou le projet “Like Meat” initié par l’Union européenne – montrent l’intérêt des acteurs économiques et scientifiques. Puisque la demande en hausse crée l’offre, les prix des produits végétaliens sont en baisse. Les produits sont aussi plus accessibles : rien qu’en 2011, cinq supermarchés végans ont ouvert dans autant de villes allemandes.

 

Article pour la discussion : les avancées technologiques en matière de renouvelables

Article de ENVISCOPE, par Michel Deprost, 28 mai 2012

Record mondial de production pour le parc allemand photovoltaïque

Le  parc photovoltaïque allemand a établi vendredi un nouveau record pour la production d’électricité photovoltaïque selon l’Institut des Energies Renouvelables de Munster ( Nord Wesphalie). Le parc allemand a délivré une puissance de 22 000 mégawatt, soit la puissance de 20 tranches de centrales nucléaires.

Le record de production d’électricité a eu lieu en milieu de journée  vendredi et samedi, grâce notamment à un ciel très bleu. La production a été de 22 gigawatts-heure, soit l’équivalent de 20 centrales nucléaires à pleine capacité selon IWR.

L’expansion du photovoltaïque et un temps estival précoce ont permis à l’Allemagne de battre le record du monde de production d’électricité solaire. Déjà vendredi midi, avec le ciel limpide, les installations allemandes ont délivré plus de 20 000MW pour la première fois. Samedi, la production a dépassé à 12 heures les 22 000 MW, soit la productionde 20 centrales nucléaires. « Il n’y a aucun autre pays sur terre qui peut produire plus de 20 000MW » explique le responsable de l’Institut.

Le photovoltaïquecouvre en Allemagne la demande croissante d’électricité du matin à midi, demande  qui suit une courbe en cloche.  » On sous-estime souvent le fait que le soleill produit au maximum, juste au moment où la demande est la plus forte, à midi  » explique le responsable de l’IRW. Cela signifie que les centrales chères dédiées à couvrir les pointes de consommation ne sont presque plus utilisées en cette période très  ensoleillée.

Les 22 gigawatts-heure d’énergie solaire qui ont alimenté le réseau d’électricité samedi ont représenté près de 50% des besoins du pays à la mi-journée, selon Dr Norbert Allnoch, directeur de l’Institut des énergies renouvelables (IWR). L’Allemagne avait approché le seuil des 20 gigawatts-heure (GW) à plusieurs reprises ces dernières semaines, mais c’est la première fois que ce niveau a été franchi.

Une consommation française satisfaite surtout par le nucléaire

Ce lundi 28 mai, la consommation française d’électricité prévue par Réseau de Transport d’Electricité, devrait culminer à environ 45 000 MW.Ce même lundi 28 mai, à 9 heures, le mix énergétique français faisait apparaitre que le nucléaire apportait 74% de la production avec environ 35 000 MW.

Le site de RTE  informe en temps réel de la production et de la consommation. Le charbon est marginal, le fioul aussi, mais l’hydraulique représente une contribution de 21%, l’éolien une contribution de 1%.

La catégorie  » autres », sans nommer le photvoltaïque, RTE représente environ une puissance de 2500 MW ce qui représente 6% des besoins.

Article pour la discussion : les conditions de travail dans l´agroalimentaire en Espagne

Article de la FIDH (Fédération Internationale des Ligues de Droits de l´Homme), 25 janvier 2012.

A Huelva, en Andalousie, la culture intensive de la fraise, destinée à être exportée de manière précoce vers les marchés européens, fait appel pendant quelques mois de l’année à une main-d’œuvre temporaire abondante (soit plus de 50 000 personnes), principalement constituée de travailleurs migrants. Les conditions économiques, de concurrence et de vente des produits, poussent les producteurs à réduire au maximum leurs frais et à utiliser la main-d’œuvre comme variable d’ajustement.

Le rapport d’enquête de la FIDH publié ce jour, intitulé « Main-d’œuvre importée pour fraises exportées » sur la situation des travailleurs saisonniers dans les plantations de fraises dans le sud de l’Espagne, met en lumière les entraves aux droits humains dans un système de migration circulaire.

Afin de réguler les flux migratoires et de subvenir aux besoins en main d’œuvre d’un secteur peu attractif pour les travailleurs, même en période de chômage important, le gouvernement espagnol a mis en place le système de la contratación en origen. Ce système vise à recruter « à la source », dans leur pays d’origine, des travailleurs qui sont alors convoyés puis répartis dans les plantations. Condition préalable à toute embauche : un engagement à retourner dans leur pays d’origine à la fin de la saison.

Avec l’entrée dans l’Union européenne des pays de l’Est de l’Europe, permettant aux travailleurs de cette région de circuler librement, le recrutement à la source concerne désormais uniquement des travailleuses marocaines. Celles-ci sont choisies parmi les femmes mariées, avec des enfants en bas âge, critères censés assurer un retour au pays et prévenir des tentatives de prolonger leur séjour sur le sol européen.

Un cadre juridique peu protecteur pour les travailleurs agricoles saisonniers en Andalousie,dans lequel les jours non travaillés ne sont pas rémunérés et où la représentation syndicale de ces travailleurs est quasi-impossible, conjugué à un système de migration circulaire induit des atteintes aux droits des travailleurs qui se trouvent complètement dépendants de leur employeur.

En multipliant les obstacles à l’immigration et en ne créant que de rares fenêtres d’opportunité de travail légal, la politique migratoire de l’Union européenne, et celle de l’Espagne en particulier, placent de fait les migrants et migrantes dans une situation de vulnérabilité face aux employeurs et aux intermédiaires et porte atteinte au droit à une vie familiale normale. Il s’agit là d’une des conséquences négatives intrinsèques du système de migration circulaire, modèle promu par l’Union européenne, afin de pourvoir aux besoins en main d’œuvre, tout en garantissant la non-installation des migrants sur son sol.
Recommandations clés :

Afin de renforcer la protection des travailleurs saisonniers agricoles, la FIDH appelle les autorités espagnoles à :

  • Faciliter la possibilité pour les travailleurs saisonniers d’obtenir des cartes de séjour permanent et de faire venir leurs familles ;
  • Réformer le droit du travail et notamment la Convention collective de Huelva afin de renforcer les protections octroyées aux travailleurs agricoles ;
  • Intensifier les inspections du travail ;
  • Ratifier la Convention sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille.

La FIDH appelle le gouvernement marocain à supprimer les critères discriminatoires dans les recrutements et les gouvernements marocain et espagnol à tout mettre en œuvre afin de garantir les droits sociaux des migrants et de leurs familles (couverture médicale, chômage, retraite etc.).

La FIDH appelle les entreprises de la grande distribution, à veiller au respect des droits de l’Homme des travailleurs par leurs fournisseurs.

La FIDH appelle le parlement européen à amender la proposition de « directive travailleurs saisonniers » afin d’augmenter le niveau de protection et l’accès aux droits, en renforçant l’égalité de traitement, la non discrimination, les conditions de logement et de travail décentes et la protection sociale. Enfin, la FIDH appelle l’Union européenne à remettre au cœur de sa politique migratoire les principes de respect des droits humains, de non-discrimination et d’égalité de traitement.

 

Article pour la discussion : le point sur la pomme de terre OGM Amflora

Article de FUTURA SCIENCES, par Grégoire Macqueron

Le point sur la pomme de terre OGM Amflora

Le 5 mars 2010

Après la décision de la Commission européenne d’autoriser la culture d’une pomme de terre transgénique, les réactions n’ont pas manqué. Principe de précaution, craintes des OGM, intérêt économique et recherche stratégique se mêlent, 12 ans après la dernière autorisation d’un OGM en Europe. BASF, son créateur assure qu’Amflora ne servira pas à l’alimentation humaine, mais la présence d’un gène de résistance aux antibiotiques attise les inquiétudes… Retour sur une pomme (de terre) de discorde.

Le 2 mars, la Commission européenne autorisait la culture de la pomme de terre transgénique Amflora à destination de l’industrie et de l’alimentation animale. Elle laissait toutefois la décision d’accepter ou non cet OGM à chaque Etat membre. Actuellement, trois Etats (Belgique, Italie et Autriche) ont fait part de leur opposition à cette culture. La France, quant à elle, réserve son jugement en attente de l’avis de son Haut Conseil des Biotechnologies. D’autres pays « sont d’ores et déjà prêts à l’utiliser » selon les dires de BASF : l’Allemagne, les Pays-Bas, la République Tchèque et la Suède.

Un peu d’histoire…

En 1996 la firme allemande BASF, spécialisée dans l’industrie chimique et connue pour ses cassettes VHS, concevait une pomme de terre améliorée génétiquement. En janvier 2003, une procédure d’autorisation est entamée à la demande de BASF pour étudier l’absence de risque sanitaire et environnemental de cette variété dans le cadre d’une utilisation industrielle.

En 2005, BASF dépose une seconde demande d’autorisation, cette fois pour l’utilisation des produits dérivés de l’amidon dans l’alimentation animale. En 2008, face à la lenteur du processus d’approbation, BASF engage une action en justice contre la Commission européenne.

Finalement, après trois études de l’Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire (Efsa), les scientifiques de l’Efsa (40 sur 42) ont considéré que la pomme de terre Amflora à destination de l’industrie ne présentait pas de risque pour la santé humaine, la santé animale et l’environnement.

L’Efsa a notamment jugé que « lors de l’utilisation de plantes génétiquement modifiées (GM), il est peu probable que le transfert des deux gènes marqueurs de résistance aux antibiotiques nptII et aadA à partir de plantes GM vers des bactéries engendre des effets indésirables sur la santé humaine et sur l’environnement. Les incertitudes dans cet avis scientifique sont dues aux limitations liées, entre autres, à l’échantillonnage et à la détection ainsi qu’aux défis posés par l’estimation des niveaux d’exposition et l’incapacité d’affecter les gènes de résistance transférables à une source définie ».

Les scientifiques ont en outre « conclu que les gènes de résistance aux antibiotiques nptII et aadA sont présents à des fréquences diverses dans différentes espèces ou souches de bactéries, et dans différents environnements ». En d’autres termes, inutile de crier au loup puisque celui-ci est déjà dans la bergerie…

La Commission européenne, se reposant sur l’avis de l’Efsa, a donc autorisé la culture de cette plante transgénique. Cependant, dans le souci d’accorder davantage de latitude aux Etats membres sur le sujet des OGM, elle leur a accordé la liberté d’accepter ou de refuser cette culture sur leur territoire.

La France, qui a marqué par le passé sa prudence vis-à-vis des OGM, a décidé de saisir son Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) avant d’arrêter sa position. Elle souhaite cependant « qu’il n’y ait plus d’autorisation d’OGM sans le renforcement de l’expertise scientifique communautaire, en application des conclusions adoptées à l’unanimité par les Etats membres lors du Conseil européen des ministres de l’Environnement du 4 décembre 2008 ».
Si la pomme de terre a sauvé l’Irlande de la famine, c’est parce qu’elle stocke beaucoup d’énergie dans ses tubercules sous forme d’amidon. Cet amidon peut aussi être utilisé comme matière première pour l’industrie, mais sous une seule de ses formes présentes dans le tubercule.

Pourquoi une telle patate ?

L’amidon, sucre complexe servant de réserve énergétique aux végétaux, est non seulement utilisé dans l’industrie agro-alimentaire, mais aussi dans d’autres industries. Cet amidon existe sous deux formes, l’amylopectine et l’amylose. La seconde constitue 6 à 28% de l’amidon suivant les espèces végétales mais elle doit être séparée de la première car seule l’amylopectine intéresse les industries du papier, du textile, des adhésifs et même du béton. Cet amidon rendrait le papier plus brillant, les textiles et le béton plus résistants aux outrages du temps.

L’intérêt d’Amflora est de produire presque exclusivement cette amylopectine, et ce en grande quantité. Son utilisation élimine donc l’étape de séparation des deux sortes d’amidon, une opération consommatrice d’eau, d’énergie et d’argent.

Le gène marqueur de résistance aux antibiotiques

La pomme de terre OGM de BASF contient un gène de résistance aux antibiotiques. L’une des craintes de ceux qui s’opposent à la culture de cette patate tient justement à ce gène, qui pourrait hypothétiquement passer dans un autre génome, une bactérie par exemple. Or, si cette bactérie est un pathogène pour le bétail ou l’homme, ce gène lui fournira une résistance malvenue aux traitements antibiotiques.

Mais pourquoi un tel gène est-il ajouté dans cette pomme de terre ? En fait, sa présence est seulement un reste du procédé de fabrication, un peu comme la trace du moule sur un objet en plastique. Créer un OGM, c’est insérer un gène étranger dans un génome. Pour s’assurer ensuite que l’insertion s’est bien déroulée et pour éliminer les organismes défectueux, on associe au gène ajouté un autre gène, dit marqueur, conférant une propriété qu’il sera facile de repérer.

Dans le cas d’Amflora, le gène utile, empêchant la production d’amylose, a été associé à un gène de résistance aux antibiotiques (nptII). Ainsi, il suffit d’exposer les plants obtenus à un antibiotique pour ne conserver que ceux qui possèdent le nouveau gène et qui sont donc devenus résistants.

Il existe des alternatives

Pour certains, cette méthode ne se justifie pas, notamment parce qu’il existe des alternatives pour produire de l’amylopectine à but industriel. Deux variétés de pomme de terre non OGM ont en effet été mises au point qui ne produisent que cette forme d’amidon. L’une a été conçue par l’allemand Europlant et l’autre par le danois Avebe. Dès lors, la question se pose : le risque est-il nécessaire ? Les avantages de la culture de l’Amflora dépassent-ils significativement les inconvénients réels ou potentiels par rapport aux autres alternatives ?

Pour Chantal Jouanno, la secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, la « position est très claire et elle n’a pas changé depuis le Grenelle de l’environnement : oui à la recherche et à l’expertise, non aux OGM qui nous sont imposés »

Article pour la discussion : Tous cobayes de la nano-bouffe ?

Article du media alternatif BASTAMAG.NET, par Agnès Rousseaux

Apprentis sorciers – Nanotechnologies : tous cobayes de la nano-bouffe ?

(14 janvier 2010)

Après les OGM, les nanotechnologies s’invitent dans notre assiette : les nano-aliments, traités avec des nano-pesticides et contenus dans des nano-emballages, se multiplient. A la clé : de faramineux profits financiers pour les industriels et des risques environnementaux et sanitaires aujourd’hui impossibles à évaluer. Le tout dans une totale – et incroyable – absence de règles et de contrôles.

Des aliments intelligents qui s’adaptent aux goûts du consommateur, des vêtements qui repoussent l’eau, des matériaux qui s’auto-réparent, de la « poussière intelligente » qui enregistre discrètement les conversations… Bienvenue dans le nano-monde ! Un univers où la science bricole des particules invisibles au microscope et empile des atomes à l’échelle du nanomètre, c’est-à-dire un milliardième de mètre [1]. Les nanotechnologies seront à la base d’une troisième révolution industrielle au cours du 21e siècle, nous promet-on.

Une révolution qui passe aussi par nos assiettes. Car ces nanoparticules sont déjà présentes dans les aliments industriels, les pesticides agricoles, les emballages alimentaires, les récipients de stockage… sans contrôle ni étiquetage. Des particules qui, du fait de leur minuscule taille, traversent les barrières biologiques et peuvent circuler dans tout l’organisme : la peau, les tissus, le cerveau… Alors, prêts pour une nourriture « atomiquement modifiée », aux effets encore inconnus ?

Au moins 106 nano-aliments déjà commercialisés

Difficile de recenser les nano-aliments existants. Les fabricants ont bien compris que les incertitudes qui entourent aujourd’hui les nano-particules peuvent effrayer les consommateurs. Ils ne communiquent pas clairement sur leur utilisation. Selon l’ONG les Amis de la Terre, c’est toute la chaîne alimentaire qui est aujourd’hui « contaminée ». Son rapport intitulé « Du Laboratoire à nos assiettes : les nanotechnologies dans l’alimentation et l’agriculture  » dresse la liste de 106 produits alimentaires, du jus de fruit « fortifié » aux compléments alimentaires vitaminés en passant par un « nano-thé ».
L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) dénombre tous secteurs confondus 2 000 nanoparticules manufacturées déjà commercialisées, et plus de 600 produits de consommation concernés. Si ces chiffres sont difficilement vérifiables du fait de l’absence de traçabilité, des estimations situent le marché des nano-aliments à plus de 5 milliards de dollars en 2005, avec des prévisions de 20 milliards de dollars pour 2010. Le groupe de consultants Helmut Kaiser prévoit que le recours aux nanotechnologies concernera, d’ici 2015, 40% des aliments industriels.

« Une technologie de confort pour les pays riches »

Du silicate d’aluminium pour empêcher l’agglutination des aliments en poudre, du ketchup épaissi avec du dioxyde de silicium, des vinaigrettes blanchies au dioxyde de titane… Les nano-aliments nous apporteraient, selon leurs partisans, des avancées culinaires majeures : du chocolat ou des glaces sans lipides et sans sucre, qui conservent le même goût que l’original, une huile (Shemen Industries) qui inhibe l’entrée du cholestérol dans le sang, un substitut alimentaire (Nanotrim de Nanonutra) qui brûle les graisses. Ou la possibilité de modifier le goût d’un aliment selon nos désirs. Des industriels comme Nestlé cherchent à concevoir les « nano-aliments du futur ».

Le géant agroalimentaire Kraft Foods (Etats-Unis) fait partie de ces pionniers. En 2000, il a financé un consortium de 15 universités et laboratoires de recherche, Nanotek, pour concevoir de la nourriture « intelligente » et personnalisée, tels des aliments qui contiennent des centaines de nano-capsules, remplies de saveurs, de nutriments, de couleurs différentes. Un four à micro-ondes pourrait déclencher, selon la fréquence des ondes, telle ou telle capsule, selon les désirs du consommateur. Une nourriture interactive en quelque sorte, qui peut même se transformer elle-même si une personne est allergique à un composant, ou libérer une dose de supplément nutritif si elle détecte des carences. Kraft Foods, le concepteur de ce projet, est propriétaire des marques de chocolat Milka, Côte d’Or, Toblerone, Suchard, et de café Carte Noir, Grand’Mère, Jacques Vabre ou Maxell. Imaginez demain votre café de couleur rose et au goût banane qui vous délivre votre dose quotidienne de vitamines C… Ou du chocolat qui libère des arômes de carotte tout en soignant votre gueule de bois. Formidable, non ?

Des nanos au goût d’OGM

Pourquoi ce déploiement de technologies ? « Sur le plan alimentaire, on ne comprend pas à quoi ça sert, explique Rose Frayssinet, de l’ONG Les amis de la Terre. « C’est comme les usages dans le textile : à quoi servent des chaussettes « sans odeur » avec du nano-argent ? Les nano-particules vont partir dans l’eau au bout de quatre lavages, et vont aller bouffer les microbes jusque dans les stations d’épuration. Au vu de ce que ça coûte, quelle est l’utilité sociale de tout ça ? Ce sont des technologies pour le confort des plus riches ».
Certains voient les nano-aliments comme une « aubaine » pour les paysans du Sud. Leur credo ? Des nanos qui augmenteraient la productivité agricole et permettraient de lutter contre la faim. Une promesse qui rappelle celles des lobbys biotechnologiques et leurs OGM. La comparaison ne s’arrête pas là : risques sanitaires et environnementaux, privatisation du vivant ou de combinaisons d’atomes par des brevets industriels, mise sur le marché de produits dont l’innocuité n’est pas prouvée… Des nanocides (pesticides utilisant les nano-technologies) intelligents qui nécessiteraient un dosage moins important que les pesticides actuels, et ne causeraient aucun mal aux insectes ? Le fait que ce soit des firmes comme Monsanto, Bayer ou Syngenta qui les développent ne peut qu’inviter à rester très prudent sur le sujet…

Vers un nouveau scandale sanitaire ?

« Dans le cas des OGM, nous avons obligé Monsanto à rendre publiques des études partielles de toxicité dissimulées au public. Des études semblables n’existent pas sur la nocivité des nanoparticules, souligne la Fondation Sciences citoyennes. Et les lanceurs d’alerte sont actuellement dissuadés par tous les moyens (poursuites en justice…) de briser la propagande officielle ». Pour Rose Frayssinet, nous sommes face à un risque encore plus grand que les OGM. « Les OGM, c’est un secteur, alors que les nanotechnologies concernent tous les secteurs. Les risques sont d’autant plus difficiles à analyser. On ne peut pas avoir une vision globale des implications ».
Difficile en effet de contrôler le comportement de nano-particules. Elles ne répondent pas aux lois de la physique classique, mais à celles de la mécanique quantique. Construire des particules, atome par atome, manipuler la matière au niveau des molécules, c’est entrer dans un monde d’incertitude radicale. Les propriétés des particules, comme leur toxicité ou leur persistance biologique, varient selon leur taille. De fait, les connaissances actuelles sur les effets toxiques des nano-particules manufacturées sont très limitées.

« Les données disponibles indiquent que certaines nanoparticules insolubles peuvent franchir les différentes barrières de protection, se distribuer dans le corps et s’accumuler dans plusieurs organes, essentiellement à partir d’une exposition respiratoire ou digestive », prévient une étude de l’Afsset, en 2006. Les nano-particules se diffusent dans les alvéoles pulmonaires, le sang, la barrière hémato-encéphalique qui protège le cerveau, ou le placenta. Fin 2008, un nouveau rapport de l’Agence juge que la nano-toxicologie fournit « des résultats encore peu nombreux, disparates et parfois contradictoires » et qu’il « n’est cependant pas possible d’exclure à cette date l’existence d’effets néfastes pour l’homme et l’environnement ». Quant à l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), après avoir rappelé que des études extérieures montrent de possibles altérations de l’ADN par les nano-particules [2], elle confesse « l’impossibilité d’évaluer l’exposition du consommateur et les risques sanitaires liés à l’ingestion de nanoparticules. » Très rassurant…

 

Nano-particules : l’amiante du 21ème siècle ?

Une étude britannique démontre l’existence d’un effet indirect des nanoparticules qui endommageraient « à distance » l’ADN [3]. Marie-Claude Jaurand, directeur de recherche à l’INSERM, pointe du doigt les nano-tubes de carbone, matériau ultra-résistant utilisé dans l’industrie, pour leurs effets « similaires à ceux de l’amiante », concernant la production de lésions de l’ADN et la formation d’aberrations chromosomiques. Face à ces risques, que font les instances compétentes ? Pas grand chose. Les instruments règlementaires sont inadaptés. Ministères et agences sanitaires sont complètement dépassés (les documents les plus récents publiés sur le site du ministère de la Santé datent de 2007). L’évaluation des risques doit être totalement repensée.
Les systèmes d’autorisation de mise sur le marché reposent sur la composition chimique des produits. Pour les nanoparticules, cela ne suffit pas, car les effets dépendent aussi de l’organisation spatiale des éléments atomiques et de leur taille. Un élément non toxique peut le devenir à l’échelon nanométrique. « Le dioxyde de titane et les dioxydes d’argent n’ont pas les mêmes propriétés au niveau nanométrique et au niveau macroscopique, explique Rose Frayssinet. Ils n’ont pas les mêmes propriétés selon qu’ils mesurent 20 nano ou 60 nano. Pour étudier les risques, il faudrait donc mener des études pour toutes les échelles ». Mais cela coûte cher. Et les outils manquent. « D’après les textes européens, dès qu’on modifie un aliment, une étude d’innocuité est obligatoire. Mais personne ne sait le faire. Il y a encore un an, il n’y avait aucun filtre vraiment sûr pour récupérer les nano-particules. Sans compter que les délais d’études étant très longs, les résultats arriveront après la mise sur le marché. On demande aux fabricants de travailler dans des salles blanches, avec des scaphandres. Et juste derrière, on met les produits sur le marché. C’est aberrant ! ».
Concernant la production et la mise sur le marché, les industriels se réfèrent à la directive européenne REACH. Celle-ci est pourtant insuffisante. Seules les substances chimiques produites en quantité supérieure à une tonne par an y sont soumises. Vu la taille des nano-particules, cette quantité de production n’est pas toujours atteinte. Et pour le moment, aucune obligation d’étiquetage n’existe, même si le Parlement européen commence à se saisir de cette question.

L’État finance sans s’inquiéter des conséquences

« No data no market » (pas de données, pas de marché). Telle est la position défendue par de nombreuses associations écologistes, qui espèrent être rejointes par les syndicats de salariés. Elles demandent un moratoire sur les nano-produits. Et des procédures d’évaluation des risques adaptées. Les ONG souhaitent aussi débattre de l’utilité sociale des nanotechnologies, en particulier dans le secteur alimentaire.
Le gouvernement français a lancé en 2009 le plan Nano-Innov, qui vise à placer la France parmi les pays les plus en pointe sur les nanosciences, en encourageant la recherche fondamentale à travailler « avec les entreprises pour mettre au point des technologies, déposer des brevets, créer des produits  ». 70 millions d’euros ont été consacrés l’an dernier à ce projet. En parallèle, aucun fonds n’est dédié aux études toxicologiques et aux impacts sanitaires et environnementaux.
Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, a souligné à l’occasion du lancement de ce plan l’excellence de la recherche nationale sur les nanotechnologies (5ème rang mondial [4]) mais se désole que seulement 290 brevets aient été déposés en 2005, ce qui représente moins de 2% des brevets mondiaux. Car le secteur peut rapporter gros. La National Science Foundation (NSF) américaine évalue le marché des nanotechnologies à mille milliards de dollars en 2015. Selon la Fondation Sciences citoyennes, les investissements en recherche et développement ont été quasiment multipliés par dix entre 1997 et 2003 (3,5 milliards d’euros), avec une prévision de croissance de 40 % par an. « Les chercheurs nous disent souvent : il suffit qu’on parle de ’nanotechnologies’ dans nos projets pour avoir de l’argent pour mener des recherches », commente Rose Frayssinet.
Les multinationales de la pharmacie et de l’agrochimie sont sur les rangs pour fabriquer davantage de nano-aliments. A l’opposé de systèmes alimentaires organisés localement et écologiquement soutenables, se prépare une nouvelle révolution alimentaire, basée sur l’accaparement par quelques firmes privées des éléments constitutifs de la matière et de notre alimentation. Après la malbouffe, nous voici transformés en cobayes de la nano-bouffe, avec le silence complice de l’État.

Article pour la discussion : Les farines animales reviennent

ARTICLE DE RUE 89, par la journaliste Sophie Caillat.

Les farines animales reviennent : vachement folle l’Europe ?

L’Europe a tranché ce débat passionnel : les farines animales seront réintroduites dans l’alimentation des porcs, volailles et poissons. Sous des conditions très strictes… qui ne lèvent pourtant pas les craintes.

Les eurodéputées Corinne Lepage et Michèle Rivasi sont vent debout contre le projet de la Commission, mais n’ont pas réussi à convaincre le parlement européen de s’y opposer. Comme José Bové, elles estiment que « le risque ne vaut pas le coup ». Bruno Lemaire a, lui, déjà fait savoir que la mesure ne s’appliquerait pas en France « tant qu’[il] sera ministre de l’Agriculture ».

Contrairement à ce qu’on peut imaginer, il ne s’agit pas cette fois de faire avaler des restes de bovin aux bovins, ni même des restes de porc aux porcs. Fini le cannibalisme et fini les ruminants. Ce qui, selon, les scientifiques, nous prémunit contre tout retour de la maladie de la vache folle.

Bienvenue aux « protéines animales transformées »

Farines animales est désormais un gros mot. L’Europe préfère parler de « protéines animales transformées », nécessaires aux animaux d’élevage, et qui, si elles sont végétales, sont essentiellement importées d’Amérique Latine (le fameux tourteaux de soja, OGM en partie).

Pour Véronique Bellemain, adjointe au président du Conseil national de l’alimentation, instance consultative chargée d’éclairer le ministre par un rapport sur le sujet, il faut éviter la confusion entre deux filières bien distinctes qui n’ont « pas les mêmes circuits de collecte ni les mêmes acteurs » :

« Les protéines animales transformées (PAT) sont des sous-produits d’animaux sains pour la consommation humaine, comme les plumes, cuirs, os et viscères. En Asie ou en Afrique, ces parties sont d’ailleurs mangées par les humains.

Il ne s’agit pas d’autoriser les farines issues des cadavres trouvés morts à la ferme et qui sont peut-être morts de maladie. »

La filière bovine a d’ailleurs trouvé d’autres débouchés depuis la crise de la vache folle, fait valoir cet organisme : les carcasses brûlées sont revendues à des cimenteries, deviennent des fertilisants… La pression économique de la filière serait donc moindre.

Pas de risque avec les porcs, volailles et poissons ?

La réintroduction ne concerne pas les bovins, ni même les petits ruminants, seulement des espèces où les maladies à prion sont jusqu’ici inconnues. Jacques Grassi, président du comité d’experts de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de la santé et du travail (ANSES) sur ces maladies à prions, explique :

« Ces protéines ne semblent pas présenter un risque, car :

    • les maladies à prion n’ont été observées que chez les mammifères et
      essentiellement chez l’homme et les ruminants, elles n’ont, par exemple, jamais été observées chez des espèces comme le porc, le chien ou le lapin. Les oiseaux et les poissons ne sont donc pas concernés non plus. ;
    • Il est exclu de nourrir les animaux d’élevage avec des protéines de ruminants ;
    • Des protéines venant des porcs seraient données aux volaille,s et inversement, et les deux seraient données aux poissons. »

Rivasi: « 67 cas de maladie de la vache folle en 2009 »

Bien sûr, personne n’a intérêt à ce que tout se mélange et qu’au final un bovin avale de la protéine issue du porc. Michèle Rivasi a observé l’organisation de la filière et doute de ses bonnes pratiques :

« Les équarrisseurs mélangent les animaux sans aucune traçabilité, on n’a pas de garantie.

Et dans une ferme, si, par erreur, les bovins se mettent à manger des protéines de volaille, ou les porcs des protéines de porcs ? Il ne faut pas ouvrir la boite de pandore. »

Et puis, comme le remarquent les scientifiques, on n’a pas exactement déterminé l’origine de la maladie de la vache folle : « Comment le premier prion est arrivé dans la première farine, ça on le sait pas », pointe Jacques Grassi. D’où le soupçon dès qu’il s’agit de faire manger des restes d’animaux à des animaux. Michèle Rivasi se demande aussi « pourquoi il y a encore eu 67 cas d’ESB en 2009 en Europe, alors que les farines ne sont plus autorisées ? »

Des arguments écolos « fumeux » ?

Les protéines animales transformées ont des arguments écolos pour elles : ce serait dommage de perdre des déchets qui peuvent être utiles, et l’importation de protéines végétales sud-américaines présente un bilan carbone catastrophique.

Véronique Bellemain, du Conseil national de l’agriculture, pense aussi à l’aquaculture :

« On consomme de plus en plus de poisson dans le monde, or pour les nourrir et les élever, on fait peser une pression supplémentaire sur la pêche minotière. »

Deux arguments spécieux aux yeux des écolos du parlement européen, pour qui l’Europe devrait plutôt chercher à produire ses propres protéines végétales.

Comme l’expliquait José Bové lors d’une interview il y a un an, ce qui bloque, ce sont les accords de libre-échange datant de 1992 :

« L’Europe a accepté de limiter son soutien aux cultures de protéine végétale et s’est engagée à importer du soja américain sans droits de douane.

Avec une meilleure utilisation du colza et une reconversion de seulement 7% des surfaces en céréales, on pourrait réduire nos importations de protéines animales de 41%.

Dijon, le 8 février 2013: Après-midi de discussion avec les volontaires français (FranzosInnens Vorbildungsnachmittag in Dijon)

Le vendredi 8 février à Dijon, le FÖJ-KUR et UniCités ainsi que les branches allemande et française des Amis de la Terre (BUND Rheinland-Pfalz et Les Amis de la Terre Côte d´Or) se rencontrent pour la première fois à l´occasion d´un après-midi pédagogique.

Notre super équipe a préparé un après-midi plein de débats et d´activités passionantes pour les volontaires français du programme Médiaterre en service civique avec UniCités.

Ces derniers sont invités à lire les articles postés sur le blog, à exprimer leur avis et leurs attentes par rapport à cet après-midi. Nous, Alexandra et Bertille, avons hâte de vous rencontrer et d´échanger avec vous sur ces thèmes qui nous tiennent aussi à coeur !

Alexandra

Alexandra, 22 ans, éco-volontaire à Mayence au BUND, la branche allemande des Amis de la Terre

Bertille

Bertille, 25 ans, travaille à Mayence au FÖJ-KUR, organisme allemand pour le volontariat écologique